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HEALTHY FASHION (II): “Comment reconnaître les tissus synthétiques toxiques?”

Les vêtements que l’on porte actuellement sont-ils bons pour notre santé? Ou, au contraire, sont-ils une entrave à notre évolution aussi bien pour l’individu que pour la société?

Après avoir remarqué un vide général de sens dans la mode, l’auteure américaine et experte en mode, Alyssa Couture, offre une vision tout à fait nouvelle, voire révolutionnaire. Son approche, axée sur la santé, est holistique. Elle va au delà des faits et s’immisce dans l’impalpable pour en faire un état des lieux. Nous découvrirons ses réflexions synthétisées en 4 parties dans cette série intitulée “Healthy Fashion”, tirée du nom de son ouvrage: “Healthy Fashion, The Deeper Truths”.

HEALTHY FASHION
Alyssa Couture, auteure de “Healthy Fashion, The Deeper Truths”

«Nous vivons une période passionnante. C’est le moment idéal pour introduire des concepts de mode pour la santé. Healthy Fashion est un guide éclairant pour cette ère moderne. Nous sommes à une époque d’éveil spirituel et planétaire, et l’industrie de la mode est en transition en ce moment. Healthy Fashion promeut un nouveau mode de production et de consommation, dans le but de guérir le corps, l’âme et l’esprit.»

Dans cette deuxième partie, nous évoquons la toxicité des produits synthétiques.

L’industrie textile sera à 95% synthétique d’ici 2025

En 1980, au tout début de la fast fashion, on produisait 5,2 millions de tonnes de polyester dans le monde. En 2000, il est passé à 19,2 millions de tonnes. En 2014 à 46,1 millions tonnes et d’après les pronostics, d’ici 2025, l’industrie textile sera à 95% synthétique.

« Autant dire que si la mode ne se met pas dès maintenant à inclure des fibres naturelles à base de plantes, les changements ne se produiront pas », 

Alyssa Couture

Nous savons que les tissus synthétiques sont des perturbateurs endocriniens à différents degrés. Ils peuvent affaiblir l’esprit et le corps, contribuant à la maladie et à la souffrance. Cependant, comme le rappelle Alyssa Couture dans son ouvrage : « Il n’y a aucune raison d’accabler ou de blâmer qui que ce soit de continuer à produire ou de porter des vêtements malsains », car l’information est encore récente dans le collectif.
Car bien sûr, nous vivons dans une période transitoire, d’inconfort, et il ne s’agit pas de tout changer du jour au lendemain (ça serait impossible) mais d’accompagner ces changements durables au fur et à mesure de nos prises de conscience.

« Dans les régions froides, beaucoup de gens ne peuvent pas tolérer les picotements et les démangeaisons de la laine, qui est pourtant une matière naturelle, sur leur peau. Ils préfèrent porter des vêtements thermorégulateurs, le plus souvent synthétiques qui sont d’ailleurs agréables à porter lorsqu’ils sont amples et ergonomiques.

Ces pièces arrivent même à avoir un effet « confortable et sain » sur le mental. Mais, encore une fois, tout est question de transition », précise Alyssa Couture.

Elle cite que la production mondiale de tissus synthétiques totalise 65 % de l’ensemble des textiles chaque année. Le coton est produit à 21%, et comporte une modification génétique à 94 %.

Quant à la viscose rayonne, elle totalise 8 % de la production. D’origine végétale, la viscose rayonne possède des qualités similaires au coton et à la soie.
Malgré tout, cette fibre est de fabrication synthétique puisqu’elle est composée à 90 % de cellulose. En raison de sa composition chimique, on peut la classer comme semi-synthétique. 

« Aujourd’hui, seulement 5% de la production textile comprend des tissus à base de plantes, tels que le lin et le chanvre. Environ 1% de la production textile est constituée de laine. Et lorsque le polyester, le nylon, l’acrylique et la rayonne viscose sont mélangés, ils réalisent au total 73% de la production de vêtements textiles synthétiques. »

La toxicité des tissus synthétiques

Revenons sur l’éthymologie du mot chimie. La chimie s’intéresse à la composition de toutes les substances qui forment notre univers, à leurs propriétés et à leurs transformations. En essence, on peut tout appeler “un produit chimique”. À ne pas confondre avec un produit toxiqueD’autre part, toutes les substances naturelles ne sont pas saines au départ et peuvent être toxique pour le corps. 

« Cependant, les produits chimiques sont modifiés à un tel degré qu’ils deviennent des substances synthétiques toxiques. Tous les produits chimiques ne sont pas mauvais. Par exemple, de nombreuses vitamines sont synthétiques et artificielles.
Elles ne sont pas naturelles, mais elles sont bénéfiques et saines pour le corps. Comme les vitamines synthétiques, de nombreux produits chimiques fabriqués par l’homme dans les textiles sont sains et non toxiques », précise Alyssa Couture.

Certes, il est possible de continuer à produire des tissus avec des produits chimiques, mais ils doivent être non toxiques, ou fabriqués avec des produits chimiques à base de plantes. À bannir donc les tissus malsains comme le polyester (et tous les tissus « poly… » étant des dérivés du pétrole), ainsi que le nylon, l’acrylique, la rayonne ou encore les tissus synthétiques dérivés du sucre Ingeo™.

Voici quelques matières nocives :

Le polyester est fabriqué à base de pétrole et peu coûteux à produire. Lorsque les vêtements en polyester sont chauffés, par le séchage des vêtements en machine ou par la chaleur corporelle, les produits chimiques incrustés dégagent des fibres plastiques. La peau a du mal à respirer lorsque l’on porte des tissus en polyester.


Ils créent aussi généralement une absence de mouvement, une propriété textile non ergonomique. On remarque souvent des peluches éparpillées sur le sol qui proviennent de ces tissus et qui finissent par être inhalés par le nez et la bouche. C’est important de réaliser que de minuscules particules de fibres fragmentées et des produits chimiques provenant des teintures et des traitements des tissus peuvent s’infiltrer dans les pores de la peau. Ensuite, ces particules se dispersent dans la circulation sanguine et le reste du système.

Le nylon est également une fibre à base de pétrole, contenant des produits chimiques toxiques comme le cyclohexane et l’ammoniac. La température corporelle peut potentiellement libérer ces toxines. « D’autre part, la production de nylon crée le protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 310 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Le nylon ne se décompose pas facilement mais il dégage une fumée épaisse et dangereuse lorsqu’il est brûlé.

L’acrylique, autre fibre à base de pétrole. C’est la moins respirante des fibres synthétiques. Elle a souvent une forte odeur de vapeurs toxiques qui en émane… En 1979, l’Environmental Protection Agency (EPA) a testé l’acrylique, et a constaté que les monomères résiduels dans l’acrylique peuvent être cancérigènes.

La rayonne est faite de cellulose végétale mais elle est chimiquement transformée. La pâte de cellulose utilisée pour fabriquer de la rayonne est convertie en fibre par des produits chimiques lourds. « La conversion de la cellulose par un solvant chimique la rend artificielle.
Et après traitement de la fibre par des produits chimiques toxiques comme l’ammoniac, l’acétone, le sulfure de carbone, l’acide sulfurique, le chlore et la soude caustique, il n’y a aucun moyen de distinguer les parties naturelles de plantes des autres parties chimiques. Dans ce cas, le lyocell est une option plus saine. »

Les tissus synthétiques dérivés du sucre Ingeo™, sont des tissus biosynthétiques à base de maïs et sont génétiquement modifiés. « Dans la mode les tissus synthétiques biosourcés vont être une tendance importante puisqu’ils pourront remplacer les produits à base de pétrole, à l’exception des tissus biosourcés dérivés du sucre. En effet, les matériaux utilisés et les méthodes de traitement pour sa transformation rendent ces tissus nocifs à porter. »

Pour conclure cet épisode, l’auteure signale que sur les tissus génétiquement modifiés, de 1 à 5 millions de cas d’empoisonnements aux pesticides se produisent chaque année, regroupant une moyenne de 220 000 décès annuels. Et 99% de ces décès surviennent dans les sociétés modernes…

Crédit photos : Alyssa Couture

Retrouvez le 1er épisode “Healthy Fashion (I) : les plantes sont l’avenir de la mode”, ici

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